Née à New York en 1966, de père Américain et de mère Française, Emilie Riggs a été élevée dans les deux pays et les deux cultures. Grandissant au sein d'une famille de peintres et d’écrivains, elle découvrira très tôt une profonde attirance dans le domaine de l’art et acquerra de solides connaissances notamment en peinture.
Après l'obtention d'un diplôme de Bachelor of Arts à Middlebury College dans le Vermont, un Master de Journalisme à l’Université de New York, elle devient journaliste spécialisée dans les manifestations artistiques d’avant-garde pour le Washington Square News. En parallèle, Emilie organise des expositions au Drawing Center de New York.
En 1992, elle s'installe à Paris et s'inscrit aux cours de peinture du Musée des Arts Décoratifs où durant plusieurs années elle expérimentera de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux. Ainsi, elle passera de critique d’art à artiste.
Dans ses tableaux, Emilie Riggs préfère mettre en scène des compositions simples et pures pour se concentrer sur la matière et la couleur, ses deux principales sources d’inspiration. Elle utilise la matière – collages, travail au couteau, une pâte analogue au ciment – pour créer des contrastes entre la lumière et l’ombre et entre le fond et le sujet. Chaque couleur, composée de variations subtiles de pigments, joue un rôle prépondérant dans son travail.
« Dans ma série "Citylife", je m'inspire de ma ville natale, New York, pour traduire en peinture la relation entre l'être vivant, sensible et fragile, et la ville immuable et écrasante. Le contraste des collages de papier de soie avec la matière brute imitant le ciment dénonce une urbanisation inhumaine. J'utilise aussi le symbole de l'arbre, un dernier vestige de la nature survivant dans un milieu bétonné. Par sa silhouette, le tronc rappelle l'être humain qui, lui aussi, doit faire face à cet univers sans vie.
Ce n'est pas une vision de la lutte entre la Vie et la Mort mais plutôt le miracle de la vie
dans un monde minérale et mécanique. L'Homme, simultanément fragile physiquement et supérieur intellectuellement, retrouve cette contradiction inhérente lorsqu'il doit apprendre à survivre dans un monde hostile construit par lui-même. »